Blog Actualité du métier Défibrillateurs en ERP : ce que changent les décrets de décembre 2025 et d'avril 2026

Défibrillateurs en ERP : ce que changent les décrets de décembre 2025 et d'avril 2026

Deux décrets ont déplacé deux lignes différentes : le premier réécrit la liste des établissements de 5e catégorie tenus de s'équiper, le second renumérote les articles du code de la santé publique qui organisent la maintenance. Ce que dit chaque texte, qui doit maintenir l'appareil, et les quatre dates qu'un défibrillateur porte.

P L'équipe Pyrolis · Rédaction sécurité incendie · Publié le 5 oct. 2026 · 9 min de lecture Actualité du métier

Un défibrillateur automatisé externe (DAE) relève de deux codes. Le code de la construction et de l'habitation (CCH) dit quels établissements doivent en avoir un. Le code de la santé publique (CSP) dit comment un dispositif médical se maintient, et un DAE en est un. Deux décrets récents touchent chacun l'un des deux : le décret n° 2025-1167 du 5 décembre 2025 et le décret n° 2026-299 du 17 avril 2026.

Qui doit détenir un défibrillateur depuis le 7 décembre 2025

L'article R. 157-1 du CCH soumet à l'obligation, au 1° et sans changement, les établissements de catégories 1 à 4. Le décret du 5 décembre 2025, entré en vigueur le 7 décembre 2025, réécrit le 2°, qui vise la 5e catégorie. Un établissement de 5e catégorie n'est tenu de s'équiper que s'il cumule trois conditions : relever de l'une des huit familles listées, être implanté pour une durée supérieure à trois mois, et accueillir un nombre minimal de personnes défini par arrêté des ministres chargés de la santé et de la construction.

Famille de 5e catégorie du 2°Ce que dit R. 157-1
a)les structures d'accueil pour personnes âgées ou pour personnes handicapées (code de l'action sociale et des familles, art. L. 312-1)
b)les établissements de santé (CSP, art. L. 6111-1) et les centres de santé (art. L. 6323-1)
c)les établissements clos et couverts accueillant une activité sportive
d)les établissements affectés à une activité de danse ou à une salle de jeux
e)les gares routières ou ferroviaires
f)les aéroports
g)les hôtels-restaurants d'altitude
h)les refuges de montagne gardés

Par rapport à la rédaction issue du décret du 19 décembre 2018, la liste gagne une condition de durée et un seuil de fréquentation, précise « gares routières ou ferroviaires » et « refuges gardés », étend les établissements de soins aux centres de santé, et nomme trois familles : les aéroports, les activités de danse et les salles de jeux. Le décret du 5 décembre 2025 ne comporte que deux articles, la réécriture du 2° et la mention des ministres chargés de l'exécution : aucun délai de mise en conformité n'y figure. Les échéances d'installation de 2018 (1er janvier 2020 pour les catégories 1 à 3, 2021 pour la 4e, 2022 pour la 5e) sont toutes échues.

L'arrêté du seuil

Le 2° renvoie le nombre minimal de personnes à un arrêté. À la date de rédaction, le 5 octobre 2026, aucun arrêté fixant ce nombre n'est paru au Journal officiel.

  • Tant qu'il manque, le texte ne dit pas à partir de quel effectif un établissement de 5e catégorie de ces familles doit s'équiper : la réponse dépend d'un arrêté à venir.
  • Les catégories 1 à 4, visées par le 1°, ne dépendent pas de cet arrêté.

La catégorie se détermine à partir de l'effectif : la méthode, type par type, est détaillée dans Calcul de l'effectif d'un ERP, et les évolutions de la 5e catégorie dans 5e catégorie : ce qui change en 2026.

Qui maintient le défibrillateur : trois textes, trois mots

Les articles qui parlent de maintenance ne désignent pas tous la même personne.

TexteQui il désigneCe qu'il lui demande
CCH, art. L. 157-2« les propriétaires des établissements »s'assurer de la maintenance du défibrillateur et de ses accessoires, dans les conditions de l'article L. 5212-1 du CSP
CCH, art. R. 157-4« le propriétaire du défibrillateur »veiller à la mise en œuvre de la maintenance et des contrôles de qualité
CSP, art. L. 5212-1 et R. 5212-14« l'exploitant »s'assurer du maintien des performances et de la maintenance, et veiller à sa mise en œuvre

Le décret d'avril 2026 définit l'exploitant à l'article R. 5211-1 : « toute personne physique ou morale assurant la responsabilité juridique de l'activité requérant l'utilisation de ce dispositif ou rendant ce dispositif accessible aux tiers ». Pour un DAE installé dans un ERP, c'est la personne qui assume la responsabilité juridique de l'activité de l'établissement et rend l'appareil accessible au public. Elle peut différer du propriétaire de l'appareil, par exemple quand celui-ci est loué.

L'article R. 157-4, dans sa version en vigueur depuis le 22 avril 2026, prévoit trois exécutants : « soit par le fabricant ou sous sa responsabilité, soit par un fournisseur de tierce maintenance, soit, si le propriétaire n'est pas l'exploitant, par l'exploitant lui-même ». Un mainteneur d'extincteurs qui intervient sur un DAE est un fournisseur de tierce maintenance au sens de ce texte. Aucun de ces articles ne subordonne ce rôle à un agrément ou à une certification. Le décret du 17 avril 2026, à son article 2, a remplacé dans R. 157-4 le renvoi à R. 5212-25 par un renvoi à R. 5212-16 ; la règle qui désigne l'exécutant (fabricant, tierce maintenance, exploitant) figure, elle, à R. 5212-14.

En pratique, un contrat de maintenance de DAE gagne à nommer l'exploitant et le propriétaire de l'appareil, et à dire lequel des deux est le destinataire du registre et des comptes rendus.

La maintenance : une obligation de résultat sans calendrier national

Un DAE est un dispositif médical. L'ANSM écrit, sur sa page consacrée au DAE, que depuis l'application du règlement (UE) 2017/745 les DAE relèvent de la classe III, quand ils appartenaient auparavant à la classe IIb. Or l'arrêté du 3 mars 2003 soumet à l'obligation de maintenance, à son annexe I, § 1-5, les dispositifs des classes IIb et III. Le non-respect de l'obligation de maintenance par l'exploitant est puni, par l'article L. 5461-5 du CSP, de deux ans d'emprisonnement et de 150 000 € d'amende.

Le texte fixe l'obligation et laisse la fréquence au fabricant. L'article R. 5212-15 prévoit une décision du directeur général de l'ANSM qui listerait les dispositifs soumis à maintenance et à contrôle de qualité ; au 27 juillet 2026, la page de l'ANSM sur la maintenance des dispositifs médicaux indique que ces listes restent fixées par l'arrêté de 2003. Les décisions de contrôle de qualité listées sur cette page ne concernent que des installations d'imagerie et de radiothérapie. Pour le DAE, sa page « Maintenance et contrôles du DAE » renvoie à la notice : les préconisations de contrôle, de maintenance et de remplacement des consommables « peuvent varier d'un fabricant à l'autre ».

Les dates qu'un défibrillateur porte

L'arrêté du 29 octobre 2019 sur la signalisation des défibrillateurs exige, à son article 2, une étiquette sur le boîtier ou à proximité immédiate, et que les informations qui y figurent soient mises à jour. Le modèle de l'annexe 3 réclame trois dates : « Date de la prochaine maintenance », « Électrodes de défibrillation à remplacer le » et « Batterie à remplacer le ».

ÉchéanceD'où vient la dateCe qui la déclenche
Contrôle et maintenance périodiquesla notice du modèleun intervalle fixé par le fabricant
Électrodes (adulte, pédiatriques)l'emballage du lot poséla date imprimée, et tout usage de l'appareil
Batterie ou pilel'emballage du lot poséla date imprimée ; vérification après usage
Fin de vie de l'appareilla notice du modèleune durée depuis la mise en service

Deux exemples de fabricants montrent pourquoi la durée se lit sur le modèle posé. Le guide de maintenance Philips HeartStart HS1 et FRx (daté de mars 2020) prévoit une pile à remplacer à 3,5 ans, des électrodes à changer tous les deux ans et après usage, et un contrôle mensuel de l'état extérieur et du témoin de fonctionnement. La page produit ZOLL des électrodes CPR Uni-padz de l'AED 3 annonce cinq ans de conservation. Deux modèles, deux durées d'électrodes : une valeur par famille serait inexacte pour l'un des deux.

Parmi les points que l'ANSM liste pour un contrôle périodique, avec la mention « sans s'y limiter » : l'état extérieur de l'appareil et des accessoires, le témoin d'autotest, la date de péremption et l'emballage des électrodes, la date de péremption de la batterie, la durée d'usage au regard de la durée de vie de la notice, le boîtier et les conditions de température pour un DAE installé à l'extérieur, et la présence des consommables annexes (ciseaux, rasoirs, clé pédiatrique selon les appareils).

Ce qui se consigne : l'inventaire, le registre, la base nationale

L'article R. 5212-18 du CSP, tel que publié par le décret d'avril 2026, demande à l'exploitant trois écrits. Un inventaire à jour (dénominations commune et commerciale, fabricant, fournisseur, identifiant unique du dispositif ou à défaut numéro de lot ou de série, localisation, date de première mise en service). Une organisation de maintenance décrite dans un document porté à la connaissance des utilisateurs. Un registre par dispositif où chaque opération est consignée avec l'identité de l'intervenant et de son employeur, la date, la nature de l'opération, le niveau de performances obtenu et le résultat de conformité ; ce registre est conservé cinq ans après la fin d'exploitation du dispositif.

Ce registre est distinct du registre de sécurité de l'établissement : il se tient appareil par appareil et relève du CSP. Le registre de sécurité est traité dans Le registre de sécurité : ce que le contrôleur regarde.

Enfin, le DAE se déclare à la base nationale Géo'DAE (CSP, art. L. 5233-1). L'arrêté du 29 octobre 2019 sur la base de données renvoie à des annexes de données obligatoires et complémentaires. Dans le schéma publié par AtlaSanté (version 1.0.7), la date de dernière maintenance et l'état de fonctionnement sont des champs obligatoires ; les dates de péremption des électrodes et de la batterie, la fréquence de maintenance et l'identité du mainteneur sont des champs complémentaires. Le portail Géo'DAE précise que les données sont « à mettre à jour régulièrement » ; chaque maintenance rend donc la déclaration périmée jusqu'à son report. Il propose un profil mainteneur, qui permet à une société de maintenance de déclarer et de modifier les appareils qu'elle maintient pour le compte d'un client. L'obligation de déclarer reste à l'exploitant.

Un défaut constaté pendant un contrôle ou une maintenance ne se déclare pas à l'ANSM : l'ANSM demande qu'il soit signalé au distributeur ou au fabricant du DAE (page « Déclaration d'un incident survenu avec un DAE », 29 juillet 2025). Les pages ANSM et le portail Géo'DAE sont des publications administratives ; les notices de fabricant sont des préconisations par modèle. Seuls les textes publiés au Journal officiel font foi.

Questions fréquentes

Mon établissement de 5e catégorie doit-il avoir un défibrillateur ?−

Il le doit s'il relève de l'une des huit familles du 2° de R. 157-1, s'il est implanté pour plus de trois mois et s'il accueille le nombre minimal de personnes que doit fixer un arrêté des ministres de la santé et de la construction. Cet arrêté n'était pas publié au 5 octobre 2026 : la dernière condition n'a donc pas encore de valeur.

Existe-t-il une périodicité réglementaire de maintenance du DAE ?+

Qui maintient un défibrillateur loué ?+

Faut-il un organisme agréé pour vérifier un DAE ?+

Le registre du DAE remplace-t-il le registre de sécurité ?+

Ces contenus sont fournis à titre d'information générale. Malgré le soin apporté à leur vérification, ils peuvent comporter des imprécisions ou des interprétations discutables des textes cités ; ils ne constituent pas un conseil juridique et n'engagent pas la responsabilité de Pyrolis. Seuls font foi les textes officiels — normes, règlements, publications aux journaux officiels — dans leur version en vigueur.

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L'équipe Pyrolis

Pyrolis édite la plateforme de gestion des entreprises de sécurité incendie. Les articles sont relus contre les textes normatifs et réglementaires qu'ils citent ; seuls ces textes font foi.

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